HISTOIRE DE LA VIE.
LA RIZIÈRE A SEC.
Depuis plusieurs jours, papa est inquiet. Chaque matin, dès qu’il est levé, il sort et regarde le ciel, toujours bleu et sans aucun nuage.
Il ne pleuvra pas encore aujourd’hui, soupire-t-il tristement.
Maman essaie de le réconforter.
Attendons. La journée n’est pas encore passée. Un orage peut venir.
Cela me suspendrait ! Quelle misère ! Je n’ose plus aller voir ma rizière.
En effet, celle-ci a triste mine. Depuis plus d’une semaine, elle est complètement à sec. Un soleil brûlant a bu les dernières gouttes d’eau. Le sol est aussi dur que la pierre et de profondes crevasses le sillonnent.
Les feuilles des jeunes plants de riz s’enroulent et se recroquevillent comme pour se cacher. J’étais si fier de ma rizière. Elle était si belle. Tout le monde me demandait quelles graines j’avais semées pour avoir des plants aussi verts, aussi vigoureux. Et nous espérions une magnifique récolte. Maintenant, si la pluie ne tombe pas dans les jours prochains, toute ma rizière est perdue ; nous n’aurons rien à manger.
Chaque jour, papa se désole ainsi. Et ce matin, le ciel est aussi pur qu’hier. Pourtant un vent léger souffle…. Qui sait ? pense papa. Ce petit vent nous amènera peut-être des nuages, les nuages de l’orage et l’orage…. Je n’ose plus y croire, ce serait trop beau.
Cependant, ce petit souffle lui a redonné un peu de courage. Viens-tu avec moi, René ? Je vais jusqu’à la rizière.
De loin, on la reconnaît à ses pousses jaunies.
Ils arrivent bientôt, se penchent, tâtent le sol durci, les feuilles flétries.
Regard. Voilà les insectes qui commencent à ronger les plants.
Avec la sécheresse, ils vont se multiplier et dévorer ce qui reste. Quel malheur !
Le vent souffle toujours. Il semble m^me plus frais que ce matin.
Ah ! si la pluie n’arrive pas trop tard, je crois qu’aux premières gouttes, je reviendrai là et je me ferai tremper, pour avoir le plaisir de voir revivre ma rizière !







